Des textiles égyptiens vieux de 4000 ans nous éclairent sur la durabilité des fibres de lin

Résultat scientifique Ingénierie

Les fibres de lin contiennent des défauts intrinsèques qui peuvent limiter leurs performances et accélérer leur vieillissement. Pour mieux comprendre ce phénomène central pour la durabilité des textiles et des matériaux composites, des scientifiques de l'Institut de recherche Henri Dupuy de Lôme (IRDL, CNRS/ENSTA Bretagne/Université Bretagne Occidentale/Université Bretagne-Sud), du LMGC, du synchrotron SOLEIL, de l’institut FEMTO-ST, du musée du Louvre et de l’université de Cambridge ont analysé des linges mortuaires vieux de 4000 ans. Publiés dans la revue Nature Plants, ces travaux aident à cerner l’origine et l’évolution des défauts des fibres de lin, afin de produire des matériaux toujours plus performants et résistants.

L’étude du vieillissement extrême des matériaux pose des problèmes de temps, qui forcent souvent les scientifiques à accélérer artificiellement le processus au risque de le dénaturer. Dans le cadre des textiles en lin, une plante cultivée depuis environ 8000 ans, une solution originale a été trouvée. Des chercheurs et chercheuses de l’Institut de recherche Henri Dupuy de Lôme (IRDL, CNRS/ENSTA Bretagne/Université Bretagne Occidentale/Université Bretagne-Sud), du Laboratoire de mécanique et génie civil (LMGC, CNRS/Université de Montpellier), du synchrotron SOLEIL, de l’institut FEMTO-ST (CNRS/COMUE UBFC), du musée du Louvre et de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ont comparé des textiles modernes et des linges mortuaires vieux de 4000 ans, retrouvés dans des sarcophages égyptiens. Ces matériaux extrêmement bien conservés, grâce à la température et à l’hygrométrie des tombes, n’ont pas seulement gardé leur aspect, mais possèdent encore de très bonnes propriétés mécaniques tandis que les défauts structuraux inhérents aux fibres de lin ont cependant été amplifiés. Ces informations offrent des pistes pour mieux comprendre le vieillissement des fibres de lin modernes, prisées par exemple pour concevoir des matériaux composites pour les industries automobiles, nautiques et aéronautiques.

Contact

Alain Bourmaud
Ingénieur de recherche de l’Université de Bretagne-Sud, Institut de recherche Henri Dupuy de Lôme (IRDL, CNRS/ENSTA Bretagne/Université de Bretagne Occidentale/Université Bretagne Sud)