MT180 – Finale nationale 2022 : La labellisation des produits de la mer par Yaovi Jean-Pierre Adjikpo

Entretien Evènement Ecologie et environnement Sciences humaines et sociales

La finale du concours ma thèse Ma thèse en 180 secondes (MT180) se tiendra à la bourse du travail de Lyon. Deux bretons seront présents parmi les seize finalistes, dont Yaovi Jean-Pierre Adjikpo, doctorant de l'Université de Bretagne Occidentale au sein du laboratoire Aménagement des usages des ressources et des espaces maritimes et littoraux (AMURE, CNRS/IFREMER/Université de Bretagne occidentale). Sa prestation remarquée a été l’occasion de présenter ses travaux de recherche sur la labellisation des produits de la mer.

  • Quel est votre sujet de thèse ? Où en êtes-vous dans vos recherches ?

Ma thèse porte sur « Les aspects juridiques de la labellisation des produits de la pêche », il s’agit donc d’une thèse de doctorat en droit public. Depuis de nombreuses années, la pêche entraine beaucoup de pressions sur les ressources marines et sur l’environnement marin. Pour répondre à cela, plusieurs solutions ont été mises en place pour atteindre l’intérêt général qui est la protection de ces ressources et de l’environnement. Ces solutions peuvent relever d’un instrument de droit contraignant, qui prévoit des sanctions en cas de non-respect des règles, pour essayer d’encadrer les activités de pêche. C’est ce que fait l’Union Européenne, 1er marché mondial des produits de la mer, avec la Politique commune de la pêche par exemple. Mais ces solutions ne sont souvent pas suffisantes pour obtenir les résultats escomptés. En parallèle, d’autres solutions plus souples et non contraignantes se sont développées. Les labels en font partie, ce sont des solutions incitatives. Elles permettent de mettre en avant certaines caractéristiques et certaines qualités des produits auprès des consommateurs. Ces labels sont multiples : ils peuvent être locaux ou régionaux, nationaux ou internationaux. Il faut réussir à encadrer la complexité des labels, le tout avec des acteurs et des intérêts très différents. Ces labels coexistent et sont en interaction avec les normes contraignantes encadrant l’activité de pêche. Le but de ma thèse est de comprendre comment ces labels interagissent avec les normes règlementaires relatives à la pêche dans le cadre du droit de l’Union Européenne et quelles sont leurs limites et quelles sont les perspectives d’évolution du droit dans cette matière.

  • Pourquoi s’être intéressé à ce sujet ?

Le droit des activités maritimes est un sujet auquel je me suis intéressé tout au long de mon parcours. J’ai effectué mon master en droit des activités maritimes à l’Université de Bretagne occidentale, durant lequel j’ai abordé des questions de droit de l’environnement marin, de droit de la pêche ou de droit des ressources marines. J'ai candidaté au sujet de thèse sur la labellisation des produits de la mer pour poursuivre mes recherches et développer encore mes connaissances dans ce domaine. Je tiens d’ailleurs particulièrement à remercier l’Université de Bretagne Occidentale et la Région Bretagne ainsi que mes directrices de thèse et le laboratoire AMURE qui me soutiennent dans mes recherches.

  • Comment se structure votre travail de doctorant ? Avez-vous une journée type ?

J’ai quelques routines de travail mais pas de journées types à proprement parler. En droit, nous travaillons surtout sur des textes normatifs, sur des décisions de justice et sur d’autres travaux de recherches. Mon travail consiste donc principalement à compiler des données depuis ces sources afin de construire un raisonnement qu’il s’agit ensuite de rédiger. En parallèle, je mène plusieurs activités d’enseignement du droit.

  • Qu’avez-vous prévu pour l’après-thèse ?

Mon souhait est de poursuivre dans la recherche et dans l’enseignement, les deux m’intéressent beaucoup. J’envisage donc une carrière d’enseignant-chercheur.

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter vers la recherche ?

J’ai toujours eu cette passion particulière pour la recherche. En master, j’avais le choix entre faire un stage professionnel et faire un mémoire de recherche, j’ai choisi le mémoire de recherche sans hésiter ! C’est quelque chose que j’apprécie énormément.

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous inscrire à MT180 ?

Je connaissais le concours mais je n’avais jamais véritablement envisagé de m’y présenter. Puis notre Ecole Doctorale a proposé une rencontre entre doctorants et doctorantes, au cours de laquelle nous pouvions présenter nos travaux sous le format 180 secondes. J’ai choisi ce format et j’ai eu des retours positifs. Mon École doctorale, mes encadrantes et mes collègues m’ont encouragé à m’inscrire au concours ; alors je me suis lancé !

  • Avez-vous participé à d’autres actions de médiation scientifique ? En avez-vous l’envie ?

Je n’avais jamais fait d’action de médiation sous ce format, mais c’est une expérience que je pourrais reconduire avec plaisir dans le futur. C’est toujours très intéressant de parler de ce que l’on fait et de pouvoir partager nos recherches avec le plus grand nombre.

  • Avez-vous des liens avec la Bretagne ?

Je suis originaire du Togo, mais depuis mon arrivée en France en 2017 pour mes études, je n’ai pas quitté la Bretagne. Je n’y ai pas de racines mais je peux dire que mes racines y ont poussé au fil du temps ! C’est une région magnifique que j’aime beaucoup, en particulier cette ville de Brest où j’ai fait mon master et où je travaille actuellement.

  • Qu’est-ce que vous diriez à des jeunes qui veulent s’engager dans la recherche ?

La recherche est une très belle expérience, et il ne faut pas avoir peur de l’inconnu. C’est justement cela qui est intéressant et stimulant. J’ai moi-même travaillé sur des sujets que je ne connaissais pas mais sur lesquels j’ai pu apprendre énormément. Mais cela requiert de l’audace, de la volonté et surtout de la détermination. La recherche peut être très longue, il faut être capable de garder la même flamme qu’au départ. Et il faut bien sûr essayer de garder une touche de positivité pour le moral, c’est essentiel !

Contact

Yaovi Jean-Pierre Adjikpo
Doctorant de l'UBO au laboratoire Aménagement des usages des ressources et des espaces maritimes et littoraux (AMURE, CNRS/IFREMER/Université de Bretagne occidentale)